• Les programmes menacés par la crise

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    La crise des dettes publiques menace la recherche en géosciences et pourrait fragiliser la capacité de la communauté scientifique à anticiper les bouleversements en cours. Cette menace s'est concrétisée, fin avril, au cours de la dernière réunion du comité directeur des programmes d'observation de la Terre de l'Agence spatiale européenne (ESA) : la France y a annoncé son intention de ne pas contribuer à la prochaine tranche du Programme-enveloppe d'observation de la terre (EOEP), qui couvre la période 2013-2017.

    L'affaire sera définitivement tranchée en novembre 2012, au cours de la prochaine réunion ministérielle de l'ESA. Son issue dépendra des résultats de la négociation en cours entre l'ESA et la France. Et des orientations choisies par le gouvernement de François Hollande.

    L'annonce a fait l'effet d'un séisme. Si la France interrompait effectivement sa participation, "le programme n'y survivrait pas en tant que tel", prévient Volker Liebig, directeur des programmes d'observation de la Terre de l'ESA. "La France en est le principal contributeur depuis quinze ans", rappelle-t-il. La précédente tranche - environ 1,4 milliard d'euros - avait été financée à hauteur de 16 % par le budget spatial français.

    UN SEUL BUDGET, PLUSIEURS PROGRAMMES

    Les satellites du programme actuellement opérationnels permettent par exemple de mesurer l'épaisseur de la banquise, d'évaluer la salinité des océans et l'humidité superficielle des sols, ou encore de cartographier finement les variations régionales du champ de gravitation terrestre.

    Deux prochaines missions pourraient être remises en cause par un désengagement de la France. La première devrait être choisie entre une mission de mesure de la biomasse forestière, une autre évaluant les précipitations neigeuses ou une mission d'analyse fine de la chimie atmosphérique et de ses liens avec le climat. L'arbitrage n'est pas encore fait.

    Quant à la seconde, elle est à choisir entre une mission de mesure du dioxyde de carbone dans l'atmosphère ou un autre satellite, capable d'évaluer l'activité photosynthétique de la végétation terrestre...

    "Il est sûr qu'on doive abandonner au moins l'une de ces deux missions en cas de désengagement de la France", dit M. Liebig. "La France n'a qu'un seul budget qui couvre tous les programmes spatiaux : l'observation de la Terre, mais aussi les lanceurs ou l'exploration du système solaire, explique pour sa part Pascale Ultré-Guérard, responsable des programmes d'observation de la Terre au Centre national d'études spatiales (CNES), l'organisme qui représente la France à l'ESA. Il nous faut donc faire des choix."

    Le budget total de la tranche 2013-2017 est d'environ 1,8 milliard d'euros dont on souligne, en France, qu'il est d'environ 30% plus élevé que le précédent exercice.

    Suite et source de l'article:

    http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/05/22/les-programmes-d-observation-de-la-terre-menaces-par-la-crise_1705162_3244.html#xtor=AL-32280515